I L - Y - A - U N E - O M B R E - A U - T A B L E A U


Sans titre N°10 - 2003/2013
105 x 75
cm -
impression numérique sur 2 plaques de plexiglas séparés par un cadre doré / digital printing on two plates of plexiglass separated by a golden frame, Ed.3



HAYAT, ou comment (dé)peindre notre Temps
par Francis Parent

(...) Ainsi dans « S.T. n° 10 », lorsqu’il fait se fondre les images d’une peinture de Vélasquez représentant le pape Innocent X et des photos contemporaines N/B montrant une foule bombardée par l’aviation, Hayat nous interpelle-t-il directement, par un glissement de sens et de technique, sur le rôle des Eglises face aux conflits. Car, en creux, il s’agit aussi, évidemment, de l’Innocent X ré interprété par Francis Bacon qui, en 1953, l’avait englobé dans une sorte de rideau de dégoulinures de peinture et lui avait fait ouvrir la bouche en un cri d’effroi. Un « cri » certes « Münchéen », mais néanmoins indéterminé dans ses causes profondes. Ici, Hayat est beaucoup plus clair et direct. S’il a rendu au pape son imperturbabilité et sa bouche fermée, il lui a par contre fermé les yeux par manipulation numérique, et, par manipulation icono-linguistique subliminale, substitué au fameux rideau de peinture de Bacon, un rideau de bombes. Ici donc, pas de cri de révolte indéterminé mais une dénonciation irréfutable : devant ce massacre-ci ( mais comme devant bien d’autres… ) l’Eglise est toujours restée muette et a toujours fermé les yeux… (...)

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HAYAT or how to depict our times
by Francis Parent

(...) We find this sliding together of technique and meaning in his “S.T. 10”. By blending Velasquez’s painting of Pope Innocent X with contemporary photos of a crowd being bombed by planes, Hayat questions us directly about the role of the Church in conflicts. This work is of course a reinterpretation of the same Pope painted in 1953 by Francis Bacon, who at that time engulfed him in a kind of curtain of drips of paint and had his mouth opened in a terrified scream... A scream like that painted by Munch and where the cause is likewise a mystery. Here Hayat is much more clear and direct. We see a closed off Pope with a closed mouth and (digitally manipulated) closed eyes under a new “curtain” of bombs. There is no mystery to the question that the artist asks: How can the Church always close its eyes and be silent in the face of such massacres? (...)

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