1 9 5 6, C H R O N I Q U E - D' U N - D E P A R T - A N N O N C E
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Le Caire, été 56. Le président Nasser venait de nationaliser le canal de Suez et les armées israélienne, française et anglaise, soutenues par les américains, menaçaient d’attaquer. A partir de cet été tout le monde savait que ce ne serait jamais plus comme avant mais on continuait à faire comme si. On allait à la piscine du club, le samedi soir aux Pyramides profiter de la fraîcheur du soir, mon père continuait à ouvrir sa librairie alors que les clients commençaient à déserter. Du haut de mes 10 ans les tanks, les voitures de police, la foule agitée, les cris tout me semblait disproportionné. Puis est venu le temps du couvre-feu, du papier noir sur les fenêtres pour pouvoir allumer les lumières à la maison et enfin l’assignation à résidence nous empêchant de sortir. En bas de notre immeuble un homme de la «stasi» égyptienne surveillait. Et pour finir l’ordre de quitter l’Egypte sous 48 heures avec une valise chacun, abandonnant librairie, appartement, voiture, souvenirs .... Pour cette installation j’ai choisi de me concentrer sur cet été où des sensations contraires se faisaient ressentir, où les images se mélangeaient en se heurtant. ( Yves Hayat)
Cairo, the summer of ‘56. President Nasser had just nationalized the Suez Canal and the Israeli, French and English armies, backed by the Americans, were threatening to attack. From my perspective as a 10-year-old, the tanks, police cars, agitated crowd, sirens, screams... all seemed disproportionate to me. Then came the time of curfew, black paper on the windows so we could turn the lights on at home and lastly house arrest, which prevented us from going out. At the bottom of our building an Egyptian «stasi» man was watching. And in the end, the order came to leave Egypt within 48 hours with a suitcase, abandoning the bookstore of my father, apartment, car, memories .... For this installation I chose to focus on this summer of conflicting feelings, when images of my family and current events were mixed and collided.(Yves Hayat)
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